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Dans le grand espace de la galerie Clark, ce duo d’artistes nous livre une production liée à la fois à un concept et une méthode de travail issus d’une vision existentielle sur la société actuelle et ses modes d’expression. En somme, il faut partir du titre de l’exposition, Break, pour comprendre le questionnement qui justifie leurs actes de création. Cette appellation contient plusieurs sens, mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas d’un état d’inertie ou d’une pose momentanée qui suspend l’activité. Bien au contraire, ces artistes prônent l’action envers et contre tous pour braver ou simplement contrer l’idée générale que tout a été fait et que nous ne pouvons que refaire les mêmes choses. De ce constat, Beech et Poole préfèrent agir ou prendre un break par le biais des possibilités d’expressions individuelles. 

Interventions, objets banals du quotidien, vidéos où l’un des deux partenaires se livre à de burlesques saynètes faisant allusion à certains aspects tout aussi banals de références cinématographiques, sont regroupés ici pour nous montrer des possibilités reliées à une idée positive de changement et de transformation d’un environnement qu’il soit intérieur ou extérieur. Ce travail en développement constant cherche donc à poser des actions sur des structures connues afin d’en faire ressortir l’absurdité et la futilité. Il sera donc plutôt question ici d’attitudes que de résultat final. L’aspect matériel des îlots d’objets construits résiste quelque peu à une description esthétique. La pensée de ces artistes n’est pas sans rappeler l’interprétation d’une philosophie existentialiste que l’on pourrait prêter à certaines sculptures de Giacometti. J’ai en tête l’image du personnage filiforme marchant sur un socle en appât avec ce vide autour. L’action détermine le sens. Ainsi, le travail de Beech et Poole se montre comme autant de jeux, sortes d’évasion de la réalité mais dont l’innocence fait sourire. Je me risquerais à leur accoler une étiquette de post-conceptualiste mais à la différence de leurs prédécesseurs, disons que ceux-ci s’amusent beaucoup. 

Sonia Pelletier 

Amanda Beech et Matthew Poole vivent et travaillent à Londres. Depuis leurs études, en plus de plusieurs expositions individuelles, ils ont collaboré ensemble à de nombreux projets en duo dont Packed Lunch, Public Information, Flashpoint, Pavlov’s God à Newcastle et à Londres ainsi que Make Believe à la Kingsgate Gallery de Londres, Runners (Intervention/installation) à Stroud, Angleterre et Act (Intervention) à Cheltenham. 

Amanda Beech et Matthew Poole remercient le British Council et le CACUM.
Les artistes ont bénéficié du programme de résidence Clark. 

Salle 2
  • BEECH & POOLE
BREAK

EXPOSITION /
2 MARS AU 8 AVRIL 2000