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Le dessin est l'objet intermédiaire que l'homme créateur ou lecteur des choses, fabrique et place entre son regard et le monde qu'il veut transformer. — Jean-Charles Lebahar

L’ère de la communication domine l'image sous toutes ses formes et pour déplorer dans le même sens que Régis Debray, « qu'il y a trop d’images et très peu de chair », comment le dessin, quant à lui, viendrait-il prendre une place afin que son contenu soit mis en relief? Lui faudra-t-il pour se démarquer ou se distinguer revenir à quelque chose de radicalement noir sur blanc si l'acte dont il se réclame concerne la communication?

La série de dessins que nous propose Finnerty consiste en un triptyque accompagné d'un ensemble de sept dessins de mêmes dimensions ainsi que deux grands formats datant de 1996 à 1998. Tous sont figuratifs et contiennent un propos délibérément écologique. Ils cherchent à communiquer une inquiétude face à l'environnement, aux rapports entre les humains, les animaux et la barrière parfois littéralement concrète qui existe entre la nature et la civilisation.

Le traitement d'estompage apporté à ces dessins leur confère un aspect onirique, une lumière floue nous les montrant comme autant de scènes venant d'une autre temporalité. Les espaces les circonscrivant, cercles ou demi-cercles, contribuent aussi à nous faire voir des images isolées et amenées par une autre vision du monde. C'est que Finnerty associe paysages et animaux provenant de son expérience perceptive à bord d’un véhicule sur les routes du Nord de l'Ontario. Ses observations reposent sur une mémoire en mouvement. À bien regarder ces fragments illustrés, on pourrait imaginer que cette rétro-vision se présente sous la forme d'un rétroviseur. Ces transcriptions dichotomiques évoquent de façon naturaliste une réalité extérieure venant d'une image-miroir. On dit que lorsqu'on dessine, on rêve le dessin. C'est de cette force imaginative qu'émane la communication dans les œuvres de Randall Finnerty.

Sonia Pelletier

Randall Finnerty est né à Timmins en Ontario. Il vit et travaille actuellement à Montréal. Depuis 1988, il a participé à plusieurs expositions collectives en Ontario et à Montréal. Il faisait notamment partie de l'exposition Fin de siècle : le souci, présenté à Optica (1998) sous le commissariat de François Dion. Une autre exposition de dessins intitulée Drawn from Memory est prévue ce printemps de l'an 2000 à la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal.

Randall Finnerty remercie Loren Williams ainsi que la galerie Clark et le Conseil des Arts du Canada pour leur soutien.

Salle 2
  • RANDALL FINNERTY
HIGHWAY SIGNS

EXPOSITION /
13 JANVIER AU 19 FÉVRIER 2000