• English
  • Français
 

Le travail de ce jeune artiste se manifeste par le biais de l’installation. En utilisant des objets usuels et en les détournant de leur fonctionnalité, il questionne la relation que nous entretenons avec le monde matériel. Première exposition solo à Montréal pour Dion, qui termine sa maîtrise à l'UQAM.

Partant du principe que notre rapport sensible au monde découle d’un ensemble de sensations internes non spécifiques qui, pour plusieurs, sont conditionnées par un savoir inconscient, Pierre Dion met en œuvre dans son travail une stratégie de détournement de l’objet de manière à souligner les potentialités de la réalité.

Son installation — ci-haut nommée ! — se déploie dans l’espace de la galerie comme un vaste modèle à coller dont on aurait égaré le mode d’emploi. Par l’agencement arbitraire d’objets utilitaires et de matériaux bruts — conduits de plastique, mastic, équerres, planches de bois, contenants de peinture, etc. — Dion obtient une construction précaire formant un réseau étendu de liens inusités. C’est en détournant l’objet de sa fonction initiale, suivant laquelle telle ou telle pièce doit être posée à la verticale, en supporter une autre ou encore disparaître derrière une couche de peinture, que l’artiste en explore les potentialités et qu’il met en évidence divers jeux d’interrelation entre les matières. Affublés de fonctions inédites, les éléments constitutifs de l’ensemble apparaissent sous un jour nouveau et portent à la conscience une foule de qualités intériorisées qui ont un impact sensible sur notre rapport au monde. Dion invente des formes sans noms, des systèmes qui fonctionnent bien que sans réelle utilité. Ce qu’il exerce, pour reprendre une idée de Barthes, ce « n’est pas un usage, c’est une démiurgie ». Ici chaque geste est aventure et participe à l’invention d’un monde.

« Vivre, c’est jouer en dépit de la finalité et de la tension de l’instinct ; vivre de quelque chose sans que ce quelque chose ait le sens d’un but ou d’un moyen ontologique, simple jeu ou jouissance de la vie ». (Lévinas)

Pierre Dion est en voie de terminer sa maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM. Il a déjà participé à plusieurs expositions, notamment à l’Œil de poisson en 1999 et au Lieu en 1996 et 1997.

Salle 1
  • Pierre Dion
LA JOUTE OU LE JOUG DU JOUJOU DE L’AJOUT, OU LA JOUE, N’EMPÊCHE (NOTEZ BIEN ÇA)

EXPOSITION /
27 FÉVRIER AU 5 AVRIL 2003