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Daniel Langevin est un jeune artiste montréalais dont la peinture, pour emprunter ses propres termes, affiche un “optimisme pictural, une bonhomie chromatique et une franchise dans les traits”. Son travail présente en effet une simplicité formelle presque déroutante et qui tend encore davantage à se raffiner en ce sens : réduction du nombre de formes, anéantissement du contexte, macroscopie de la ligne, économie de couleurs. Son nouveau corpus est divisé en deux parties: les produits et les rejets.

Devant les tableaux récents de Daniel Langevin ressurgit la réminiscence de l'irrésistible attrait qu'enfant nous avons tous éprouvé devant un comptoir de friandises : couleurs séduisantes, lumineuses et contrastées, formes fantaisistes, souples et coulantes. Recherchant « la brillance et la texture du sucre d'orge », Langevin emploie des laques hyperlustrées qu'il applique en couches superposées sur panneaux de bois. Les couleurs assument la composition de ces tableaux au vocabulaire ludique et stylisé, proche de l'esthétique des bandes dessinées pour enfant. Leur traitement en aplat rappelle la technique de la sérigraphie, pratiquée par l'artiste pendant plusieurs années.

Dans sa production antérieure, Langevin travaillait différents motifs représentatifs. Il passe ici à l'abstraction, misant plutôt sur la valeur expressive de la forme et de la couleur. Éliminant toute figuration pour proposer des compositions épurées à l'extrême où figurent seules quelques formes se situant entre le reconnaissable et le non-reconnaissable, Langevin cherche à susciter une ambiguïté dans le processus de lecture. Pointant vers des objets réels sans pourtant être identifiables, les figures qui surgissent gaiement dans ses compositions ne donnent d'autre choix que de projeter sur elles la substance de nos propres désirs, de se réfugier du côté de l'imaginaire.

La franche évidence des ces compositions dépouillées offre un contrepoids rafraîchissant à la quête d'hyperdéfinition de l'image qui caractérise notre époque, de même qu'à la surcharge, à la prolifération et à la complexification de l'information visuelle que nous sommes quotidiennement appelés à assimiler.

NdeB

 

Daniel Langevin détient un baccalauréat en arts visuels de l'UQAM. Il a présenté des expositions individuelles à l'Espace Virtuel (2003) et à la galerie René Blouin (2005), et il a participé à plusieurs expositions collectives, notamment la 22e édition du Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul (2004).

Salle 1
  • DANIEL LANGEVIN
LA RAFFINERIE DE L'USUEL

EXPOSITION /
25 AOÛT AU 8 OCTOBRE, 2005