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  • DIANE MORIN | LE GRAND CALCULATEUR I (APPRENDRE À COMPTER)
    DIANE MORIN | LE GRAND CALCULATEUR I (APPRENDRE À COMPTER)
 

Le dessin est à l’honneur pour cette dernière exposition de la saison au Centre CLARK, qui présente le travail de deux artistes l’explorant dans sa relation à l’espace. Le grand calculateur I (apprendre à compter) 2013, nouvelle installation cinétique de Diane Morin, occupe la galerie principale. Formée d’un agencement de composants électroniques de base que l’on nomme relais électromécaniques, l’œuvre rend visible le fonctionnement d’un système logique basé sur le calcul binaire, fondement de l’informatique. Comme l’explique Morin « Le relais électromécanique est composé de deux éléments : une bobine de fil de cuivre et une série de commutateurs mécaniques. Lorsque la bobine est alimentée par du courant électrique, elle devient aimantée. Les commutateurs mécaniques réagissent à ce magnétisme : ils changent de position lorsque la bobine reçoit du courant électrique. En branchant les bobines et les commutateurs de plusieurs relais électromécaniques entre eux, il devient donc possible de construire un réseau logique. »

Dans un environnement blanc, des commutateurs sont connectés par des fils à des relais fixés sur des plaquettes alignées au mur et reliées entre elles. Ces relais, qui produisent des cliquetis mécaniques et un clignotement lumineux trahissant leur activité, engendrent l’affichage, à intervalles variables, de nombres sur des modules. La disposition au mur des éléments de différentes échelles, alliée au titre de l’œuvre, rend perceptible le déroulement du processus simple d’addition qui s’opère sous nos yeux. Rendu possible par le mécanisme mis en œuvre dans l’installation, ce processus de calcul, spatialisé, s’apparente visuellement à un dessin. Tendus entre des murs opposés, certains des fils se transforment d’ailleurs en traits dessinés dans l’espace. Ultimement, l’ensemble du dispositif indique, en temps réel, le nombre de commutateurs activés ou désactivés dans une des parties de l’installation. Ce détour pour « prouver » la logique d’un système est une bonne illustration de la fascination qu’éprouve Morin non pas pour le résultat obtenu mais pour le processus y menant.

Autodidacte, l’artiste a élaboré l’architecture de ce système à l’aide de relais – des éléments de base, maintenant désuets, témoignant de l’évolution de l’informatique et de son histoire – pour explorer justement la logique régissant le développement de cette discipline. Ayant opté à plusieurs reprises dans sa pratique pour l’emploi de mécanismes simples – petits moteurs, mécanismes de transfert de forces reposant sur l’action de leviers et de bielles, microcontacts, circuits électroniques, etc. –, Morin paraît souvent séduite par le « low tech », à la fois source d’inspiration et d’étonnement. En utilisant des techniques et des dispositifs pour les démystifier, elle renoue avec l’effort humain à l’origine de ces systèmes au fonctionnement abstrait pour la majorité d’entre nous, mettant en question du même coup notre rapport de dépendance à la technologie.

Anne-Marie St-Jean Aubre

Diane Morin remercie le Conseil des arts du Canada pour son soutien, Éloi Desjardins, Claudette Lemay, Thierry Lachapelle et Patrick Bérubé pour leur aide, ainsi que Steeve Lebrasseur, qui à contribué il y a plus de dix ans à ses premières recherches sur les systèmes à relais. 

Salle 1
  • DIANE MORIN
LE GRAND CALCULATEUR I (APPRENDRE À COMPTER)

EXPOSITION /
9 MAI AU 15 JUIN, 2013

PRÉSENTATION D'ARTISTE /
SAMEDI LE 11 MAI, 15H30