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Les œuvres de LASSERRE s’inspirent des mythes, religions et symboles de toutes cultures et de toutes époques. En entremêlant ces signes à ceux de la culture populaire, les peintures de LASSERRE évoquent de façon exubérante un monde magique ou la femme et la sexualité sont représentées dans une ambiance de « films d’horreur et de comédie ».

La série de tableaux présentés ce printemps à Clark par Fabienne Lasserre puise son inspiration dans quelques récits fondateurs de la culture euro-occidentale, rassemblés dans un long poème intituléLes Métamorphoses. Il n’est pas étonnant que le thème de la métamorphose qui, dans la mythologie grecque correspond au châtiment de la cruauté divine, se retrouve au cœur du présent travail de Lasserre. On pouvait déjà déceler dans son travail antécédent une attraction particulière pour le mysticisme, les pratiques de culte et les relations au sacré.

À travers ses mises à l’épreuve de héros et d’héroïnes de nature terrestre et divine, la parabole mythologique n’est-elle pas liée au destin personnel de chacun d’entre nous, à nos craintes, à nos rêves et à nos ambitions ? Les allusions à l’implacable dureté du pouvoir, aux pulsions destructrices comme la passion déraisonnée, la jalousie, la vengeance ou la trahison qui constituent les ingrédients essentiels au déploiement de la grande tragédie servent chez Lasserre à la mise en œuvre d’une poétique visuelle surréalo-bédéiste où le fabuleux et la culture populaire occupent une place structurante. À la manière des « Mangas » – bandes dessinées japonaises –, ses visions hallucinées, cruelles et violentes de scènes légendaires destinées à susciter la crainte chez le peuple croyant nous font tout simplement sourire avec fascination, sans pourtant troubler la légèreté de la contemplation. Couleurs vives, hauts contrastes, motifs répétés, compositions éclatées : tout dans les tableaux de Lasserre concoure à créer un effet immédiat, simultanément brutal et séduisant. Serait-ce que la violence soit inhérente à l’existence de l’homme, de la femme, de l’artiste ?

Sous le couvert de toutes ces quêtes référentielles menées depuis quelques années par Fabienne Lasserre, se lit une volonté tenace de se jouer des forces occultes qui entrent subrepticement en action dans tout processus de mutation de l’être.

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Originaire de Montréal, Fabienne Lasserre poursuit actuellement des études de maîtrises en arts visuel à l’Université Columbia à New York. Elle compte à son actif une formation de 1er cycle en arts visuels de l’Université Concordia, et des études de perfectionnement à Prague et à Mexico. Son travail a été présenté dans plusieurs centres d’expositions, notamment Le Lieu (1999),Articule (1999) et la Centrale (2000) et Mercer Union (exposition collective, 2002).

Salle 1
  • FABIENNE LASSERRE
LES MÉTAMORPHOSES

EXPOSITION /
10 AVRIL AU 10 MAI 2003