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Obéir à l’erreur, c’est comme obéir à la loi de la gravité. Rien ni personne n’y échappe.

Avec la naissance de la philosophie moderne, on a imaginé pouvoir objectiver l’homme par le discours. Or, comme l’ont soulevé, plus tard, plusieurs philosophes du XXe siècle, l’ensemble des actes de pensée par lesquels se fait l’affirmation de toute sorte de vérité sur l’être et le monde relèvent de l'expérience subjective. Ce qui revient à réduire toute objectivité transcendante à des fictions.

Faisant suite à la réflexion qu’il avait amorcée avec ses « planches de punition », où étaient abordés les concepts du double, du dédoublement et de l’imposture, afin de jouer une possible mise en péril de l’intégrité, Éric Ilhareguy pose comme problématique, avec sa plus récente production, la question de l’autorité du discours en tant que fondement de la connaissance.

Avec une énergie obsessionnelle singulière, l’artiste opère ses surfaces « picturales » par retranchement de la matière à la manière du graveur. Travaillées en creux, celles-ci sont pelées, écorchées, entaillées par une accumulation de mots choisis qui emplissent l’espace en le vidant. Ce procédé d’élimination donne naissance à d’imposantes structures bancales qui évoquent à la fois le génie et le caractère autodestructeur de la pensée humaine. En même temps qu’elles prennent forme et s’érigent, ces architectures-catastrophes menacent en effet de tomber en ruine et de s’écrouler. 

Creuser la surface, fouiller le fond des choses, démonter le discours avec insistance comme pour lui arracher un aveu et en libérer les formes, en faire jaillir la sève, le sang, le sens, c’est mettre en garde contre la recherche d’une structure finie des choses. C’est dévoiler toute la fragilité de nos certitudes.

debna

Éric Ilhareguy détient une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM (2001) et il entame cet automne un doctorat en philosophie à l’UDM. Il compte à son actif plusieurs expositions individuelles et collectives et il a été récipiendaire de la Bourse Pierre-Ayot décernée par le département de maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM en 2001.

L’artiste désire remercier Jean-Michel Lagacé.

Salle 2
  • ERIC ILHAREGUY
OBÉIR À L’ERREUR

EXPOSITION /
5 SEPTEMBRE AU 12 OCTOBRE 2002