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Une sorte de chapelle baroque détermine l’espace où Claude Perrault pose dans un mode vertigineux ses questions picturales. En son sein sont coincées des figures décadentes du spectacle social : stars, héros, emblèmes dont l’image vacillante est formulée grâce aux matériaux les plus pauvres. Des coupures provenant de revues pornographiques : morceaux choisis de chair venant relever la part d’ombre et de lumière d’un visage à coup de pénis et de pectoraux, forment la matière et la manière peinte alors que des objets divers acquis dans les magasins à prix unique : figurines, angelots, fruits en matière plastique, dorés uniformément à l’aérosol, en constituent le cadre. Par leur adjonction compulsive sont exprimés matériellement la profusion de formes et le consumérisme dont fait l’objet notre monde contemporain à leur égard. Le star-système mis au jour d’une iconographie religieuse : la nativité par exemple, dans une lumière convulsive, ardente et précieuse manifeste symboliquement pour sa part l’évanescence et la fragilité de ce qui est posé comme absolu dans nos imaginaires. Le plus heureux des paradoxes met en rapport l’extrême énergie des moyens et l’aspect factice de ces tableaux. Il est souligné par-là l’habileté de certaines images à faire impression sur le spectateur en dépit de leur rendu matériel alors qu’elles posent un regard critique sur nos archétypes actuels en ayant l’air de les exalter.

Patrice Duhamel

Claude Perrault a une formation de scénographe. Il expose ses tableaux et ses objets depuis la fin des années 80.

Salle 1
  • CLAUDE PERRAULT
PEINTURE ET COLLAGE

EXPOSITION /
20 NOVEMBRE AU 21 DÉCEMBRE 1997