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Dominique Vézina n’est pas fleur bleue, c’est une fille de son temps, jeune québécoise exilée-volontaire en Europe (France puis planète Londres) qui va de l’avant, go(-go-girl)-getter! Ce n’est pas son nez qu’elle fourre partout mais sa tête. Telle une girafe qui par exemple sur un des dessins de la série se cache-à-l’eau.

Nous assistons à un retour de la pratique du dessin qui permet, avec les moyens du bord (courrez au plus proche Dollarama...) et sans nécessairement les outils du spécialiste (à quoi bon dépenser chez Omer-de-Serres...) d’aller selon ses humeurs vagabondes, le carnet sous-le-bras : de l’appartement au café du coin, de l’autobus au parc voisin. Ce qui ne veut pas dire que la pratique n’est pas sérieuse. Ce qui ne veut pas dire que la pratique est exclusive à des médiums « pauvres » puisque Vézina vidéo-radio-graphie aussi. Un dessin d’observation du vivant, du vibrant comme des chroniques d’humeur d’une promeneuse solitaire. Vézina décline sa vie à l’instar d’une « Mina Tannenbaum » qui se cherche, qui se frotte au mur de la désolation, et se mouille dans ses relations interpersonnelles professionnelles et amicales. L’amitié – et le partage d’intimité afférente – est vue comme parangon de l’aide à la survivance. Crudité et touches d’humour sont au rendez-vous.

L’artiste capte les événements mineurs du quotidien tel une taxidermiste avertie et nous témoigne de son histoire : « Celle d’une fille qui a tout pour être heureuse : un appartement avec baignoire, un téléphone cellulaire, un chum, une carte de débit, du maquillage, quelques belles paires de chaussures, et une job qui paye relativement bien. Malgré tout cela (...) sans pourtant jamais avoir à faire face à de vraies catastrophes, elle a des coups de déprime. C’est la petite vie quotidienne qui l’use (...). » 

Dans ce relatif confort contemporain, rien de tangible ; un lendemain qui chante n’est pas assuré. Manque d’exaltation, manque d’engagement dans un projet de vie palpitant. Le défilement répétitif du temps et l’atonie est à combattre, justement dans le mouvement, dans la course, dans le transport, dans la circulation, toujours présents dans ses vidéos. Agiter, brasser le métabolisme : mieux qu’une pillule, c’est une question de se « minder ».

E.G.

Dominique Vézina détient une maîtrise du Royal College of Art de Londres où elle est désormais domiciliée. Son travail fut diffusé en Hollande, en France, en Irlande, au Mexique et aux États-Unis. Elle s’est méritée le prix de la meilleure vidéo lors du dernier Rendez-vous du cinéma québécois pour sa bande « Dominique et Louise » (1999). La galerie Clark accueille cette chercheuse pour sa première exposition solo dans sa ville natale.

Salle 1
  • DOMINIQUE VÉZINA
PETITS SIGNES DU DÉSESPOIR

EXPOSITION /
16 NOVEMBRE AU 23 DÉCEMBRE 2000