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L’urbanisme détient la fonction généralement admise d’organiser l’habitat de l’homme et de procurer à ce dernier une sorte de bien-être. Alfredo Abeijon dégage de ses préoccupations architecturales une fonction proprement poétique qui questionne à juste titre la place qu’occupent ces structures dans le devenir humain. Réduites à la nudité de leur charpente, des formes architecturales, sans surfaces, fragilisées, figurent le tracé de volumes dans l’espace et sont confrontées à l’effet de forces naturelles. Mimées par des moyens mécaniques, hydrauliques d’ordre domestique (ventilateur qui active l’eau d’une piscine d’enfant y déplaçant de frêles esquifs, mélasse se déversant parmi les aspérités d’une sorte de maquette urbaine constituée de cubes de sucre), ces dites forces manifestent l’idée d’adversité ou de confrontation (rafales, effondrements, séismes, déluges). Elles ne cherchent pas à produire pour le spectateur le condensé d’une image dramatique ou catastrophique mais anticipent de lui donner plutôt une esquisse lyrique des rapports de forces naturelles et idéologiques qui hantent notre civilisation. Les travaux antérieurs de Abeijon mettaient de l’avant sous forme de performance, une relation du corps humain des danseurs à celui, architectonique, de l’installation. L’artiste cherche cependant ici à engager directement le spectateur dans ce même rapport, le prenant à partie, l’interpellant, lui faisant expérimenter métaphoriquement la dimension potentielle de son action. Ces composés poétiques cherchent en dernier ressort à former un constat critique de ce qui détermine et structure nos espaces de vie, comme les effigies auxquelles nous sommes tenus de nous identifier (qu’elles soient politiques ou qu’elles tiennent de la sous-culture des petits Mickey).

Texte : Patrice Duhamel

Alfredo Abeiion est né en Argentine. Il détient sa formation d’artiste de l’Université Concordia. Il a auparavant fait des études en architecture et a travaillé dans ce domaine. Il a participé à deux éditions subséquentes d’Artifice et compte plusieurs expositions solos, notamment à la Galerie Clark, à l’occasion desquelles on a pu également apprécier ses performances.

Salle 1
  • Alfredo Abeijon
À PROPOS DE CUBA

EXPOSITION /
7 JANVIER AU 7 FÉVRIER 1999