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  • GWENAËL RATTKE | PYRAMID OF NEEDS
    GWENAËL RATTKE | PYRAMID OF NEEDS
 

C’est au moyen du collage et du dessin que Gwenaël Rattke s’efforce de réinterpréter la culture populaire, et plus précisément les moments forts de l’émergence de la contre-culture. Il se dit intéressé par les grandes utopies liées à ces périodes effervescentes, à leurs mythes fondateurs et aux inéluctables échecs idéologiques qui s’y rattachent. Il les fait cohabiter. Ses collages sont composés de dizaines de bouts de papier, d’une myriade de parcelles d’images issues de sources diverses, choisies puis photocopiées, collées, assemblées à l’état brut, à la main, reformulant et distordant l’imagerie annoncée. Loin de jouer la carte de la séduction tranquille, ces compositions hétérogènes obligent à réfléchir sur le poids des références culturelles que porte l’image. Inspiré par une esthétique oscillant entre le trash, l’homoérotisme et un psychédélisme assumé, Rattke utilise une imagerie éclatée, souvent sombre où croix et corps nus côtoient courbes organiques et personnages de bande dessinée. 

 

L’œuvre qu’il présente à Clark extirpe aux référents visuels de la scène underground des années 1960 et de ceux du disco leurs codes visuels, leur charge sémiologique. « Démocratisés par la musique, écrit l’artiste, ces aspects de la culture populaire symbolisent de façon simpliste les aspirations de ces deux décennies », aspirations faillies, débordantes d’idéaux et de paradis artificiels. À l’instar de l’explosion des mouvements culturels contestataires qui ont fait de cette dpériode ce qu’elle a été, ces œuvres composites s’organisent autour d’un étrange langage visuel brut et intarissable où sexe, drogue et une déferlante énergie se font à la fois obscurs et constructeurs. Et si ce travail est présenté dans une facture d’époque, il n’est pas ici question d’un discours nostalgique, passéiste ou de « révisionnisme rétrograde ».  La technique, qui n’est pas si éloignée des collages que faisait Rattke autrefois pour différents groupes de musique punk, répond à ce contenu qui, au fond, derrière son visuel marqué par le temps et le poids de la chute des idéaux qu’il évoque, indique peut-être les débuts du déclin de la faible et discrète révolution actuelle. 

Salle 2
  • GWENAËL RATTKE
PYRAMID OF NEEDS

EXPOSITION /
3 AVRIL AU 17 MAI, 2008