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Au premier coup d’œil, en les regardant de loin, tout comme l’effet que produisent certains tableaux des impressionnistes ou même de Vélasquez, les œuvres de Laurent Roberge semblent denses, homogènes et monolithiques. La surprise survient plutôt lorsque nous sommes à proximité. De cette simplicité se manifestent néanmoins plusieurs paradoxes d’aspects visuels. Deux pièces in situ sont à voir en galerie ainsi qu’une autre en processus de production dans l’atelier de l’artiste (au 3e étage, ouvert au public les samedis).

Ces sculptures sont construites à partir de particules de papier, comme autant de confettis carrés provenant de magazines variés. C’est en constatant l’emploi de cette matière première qu’émanent les paradoxes. Pour créer ces formes à partir de ce matériau volatile, Roberge utilise des moules. Il s’agit curieusement de donner forme à une matière solide qui ainsi fragmentée se comporte comme un liquide. Il peut aussi y introduire certains éléments (bois, plâtre) qui contribueront aussi à obtenir des vides dont les contours sont denses et compacts. Il est fascinant de voir la façon dont cette matière a été montée et assemblée. L’accumulation méthodique de ces fragments d’images, confère à ce travail une aura monacale d’où le processus prédomine sur la forme. Une pièce plutôt ovale et une autre dans laquelle des pas ont été inscrits pour simuler une démarche et insister sur la trace possible qui peut être laissée par ce matériau viennent réitérer sur la manière de faire ces sculptures. Entre la concentration et la méditation, la répétition forme le tout.
Le travail de Roberge se situe entre l’éphémérité et une durabilité paradoxale, entre la fragilité et la solidité. Bien que minimale, il s’agit ici d’une œuvre à risque.

Sonia Pelletier

 

Laurent Roberge vit et travaille à Montréal. Il enseigne à l’Université Corcordia et au Collège Dawson. Il a participé à plusieurs expositions collectives reliées à l’utilisation du papier comme matériau dont The Paper Biennale 1998 au Museum Rijswijk en Hollande et Touch Please dans le cadre du International Paper Symposium 1995 à Kyoto au Japon. Il prépare actuellement une exposition à la Faculté des Beaux-Arts du Collège Dawson à Montréal.

Laurent Roberge remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Salle 1
  • LAURENT ROBERGE
SANS TITRE

EXPOSITION /
13 JANVIER AU 19 FÉVRIER 2000