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La banlieue comme environnement hybride et artificiel où coexistent la nature et ses facsimilés (pelouses rasées de frais, hautes haies de cèdres ciselées avec soin), est bien le référent au moyen duquel s’élaborent les installations que construit l’artiste tricéphale qu’est BGL. Suite à une exploration en règle des terrains qui s’organisent autour du bungalow, il est question de pénétrer dans celui-ci et de révéler en quoi se perdre n’est pas si triste. Parent pauvre de la caverne d’Ali-Baba, le sous-sol constitue néanmoins un lieu solitaire de rêve mais aussi d’ennui où surgissent maints trésors, lorsque cette lassitude est enfin trompée. Espace familier pourtant délaissé comme le sont souvent en apparence les banlieues elles-mêmes, le sous-sol qui nous est proposé ici, recèle des panoplies auxquelles nous sommes tenus de nous attendre tels l’ordinateur et le cinéma maison. Ces appareils, de même que le lieu qui les accueille, sont reconstitués à partir de matériaux de recyclage et sont nécessairement inopérants et futiles.

Le mimétisme énergumène dont ils témoignent, transforme ces biens de communication (par lesquels s’accélère le temps que l’on ne veut plus éprouver et se maintiennent les distances qu’on ne veut plus voir), en objets de pure contemplation. BGL exploite les retombées esthétiques de notre rêve d’efficacité et de bien-être, plutôt que d’en formuler une critique ou un constat désillusionné. Il subsiste encore, en remontant de la cave, en passant au garage comme on passe au salon et comme on sort au grand air, une surprise qui incarne par excellence l’exubérance fragile de ce rêve et qu’il ne convient pas ici de trahir.

texte de Patrice Duhamel 
 

Ce trio hyperactif formé de Jasmin BILODEAU. Sébastien GIGUÈRE et Nicolas LAVERDIÈRE nous vient de Québec. Ils ont choisi la collaboration et le nom de marque BGL alors qu’ils temtinaient en 1996 leur Baccalauréat en arts visuels à l’Université Laval. On leur doit depuis de nombreuses expositions individuelles notamment à la galerie La chambre blanche ainsi qu’a la galerie l’Œil de Poisson.

Le CENTRE D’ART ET DE DIFFUSION CLARK remercie ses membres, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal et le Service de la culture de la Ville de Montréal.

Salle 2
  • BGL
SE PERDRE N'EST PAS SI TRISTE

EXPOSITION /
18 FÉVRIER AU 28 MARS 1999