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Dans son récent projet composé d’une série de photographies et d’une œuvre in situ, Carl Trahan nous propose un univers où l’ouvrier et son travail sont mis en relief. Ayant parcouru et observé différents chantiers de construction à Montréal et à Berlin, il nous livre sa pensée sur l’existence éphémère et transformative du processus d’édification tout en projetant sur une finalité. Ses préoccupations concernent autant l’homme dont le geste demeure anonyme que l’organisation physique de la matière et des matériaux utilisés. L’ouvrier dont la valeur dépend de l’action, les matériaux en attente de transformation sur un site, sont autant d’images qui évoquent à la fois un état d’ordre et de désordre nécessaire à la condition d’évolution et de mouvance. Sur le plan formel, ce sont les axes de verticalité et d’horizontalité qui se manifestent et retiennent l’attention dans les constructions architecturales et dans les prises de vue des images.

La question de l’informe dans la forme, intrinsèquement lié au travail antérieur de l’artiste, refait ici surface dans l’essence même du concept de chantier de construction, et peut-être plus encore dans celui de Job Site, où encore une fois, une esthétique discrète explore ce qu’il y a de plus minimal. Le lieu physique est ici subtilement montré pour mieux témoigner des passages usuels de la construction : l’excavation, l’érection, la détérioration, la rénovation, la désuétude et la démolition.

Dans la foulée de cette mise en espace, le regard de l’artiste et celui du spectateur semblent autant questionnés que sollicités. De toute évidence, il y a dans ce travail quelque chose de jouissif. On ne peut passer à côté de la charge érotique qui se dégage de ces images. L’ambiguïté qui règne ici quant au statut de représentation d’une mise en scène ou de la réalité est éloquente. Rappelons-nous aussi que l’on se sent toujours un peu voyeur lorsqu’il faut regarder par une petite ouverture à travers une palissade afin de voir ce qui se trame derrière, sur un chantier de construction...

Sonia Pelletier

Le travail de Carl Trahan a été présenté à Montréal lors d’expositions individuelles chez Skol en 1994 et 1998, Clark en 1997 et Optica en 2002. L’artiste a également participé à des expositions de groupes à Toronto chez Mercer Union en 1996, A Space en 1997 ainsi qu’à Kelowna chez Alternator en 1996. Au cours de la dernière année, il a travaillé en résidence à Rouyn-Noranda (L’Écart) et à Carleton (Vaste et Vague). Il est également invité en résidence à Chicoutimi (Le Lobe) en janvier 2003.

L’artiste tient à remercier Bertrand L’Abbé, Berdanette Houde, Josée et Jules Blanchet ainsi que le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son soutien financier.

Galerie
  • Carl Trahan
TRAVAILLEURS/ARBEITER ET JOB SITE

EXPOSITION /
24 OCTOBRE AU 30 NOVEMBRE 2002