Ammoniaque est une méditation photographique et poétique autour d’un mur de tôle situé dans l’ouest du quartier Hochelaga à Montréal.
Couvert de mots rédigés au marqueur, ce mur, support d’une écriture, sinon psychotique, du moins équivoque, témoigne d’une prise de parole. Que comprendre de ces inscriptions énigmatiques truffées de références à la culture populaire et à un monde interlope ? Sans doute une souffrance exprimée depuis l’intériorité d’une personne.
Par la publication de cet ouvrage, Les Éditions du Renard souhaitent réaffirmer leur désir de publier des œuvres photographiques dont le déploiement sous forme de livre s’inscrit à même l’essence de leur propos. Dans le cas d’Ammoniaque, les images, regroupées sous plusieurs chapitres qui suivent chronologiquement le parcours de l’artiste, génèrent une réflexion à propos de l’effacement de la parole de personnes marginalisées dans le débat social. Ici, on découvre un quartier où les enjeux de la narcoprostitution demeurent bien présents, et ce, malgré une gentrification manifeste. Le titre Ammoniaque, pour sa part, rappelle la présence de l’odorante usine Lallemand, située dans l’ouest du quartier, que certains groupes citoyens considèrent comme dangereuse et potentiellement toxique. Dans un style brut et direct, les images de l’artiste témoignent des cris étouffés de celles et ceux qui choisissent de se faire entendre autrement que par des voix officielles.
Une série de poèmes dactylographiés, dont la présentation graphique rappelle les inscriptions photographiées, accompagne la série d’images. Ces textes appellent aussi au déchiffrement attentif des mots et au décryptage du sens à leur attribuer.

