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Volontairement hétérogène, l’exposition Chimère / Shimmer vise à établir des résonances fortes, justifiées, mais pas toujours « raisonnables » entre les œuvres – leur sujet, leur iconographie, leur matériau –, à la manière des associations qui se produisent dans l’esprit. C’est pourquoi le titre de l’exposition fait jouer ensemble la sonorité des mots « chimère » et « shimmer », qui sont apparentés, mais ne constituent pas la traduction l’un de l’autre. La chimère désigne un assemblage monstrueux de plusieurs animaux – une dimension portée par les bêtes fantastiques présentées dans l’exposition : le singe de Valérie Blass, la bête étrange de Massimo Guerrera, les esprits de Nick Sikkuark. Le mot anglais shimmer désigne quant à lui le chatoiement, le miroitement, le reflet changeant et sautillant du jeu de la lumière : des effets visibles chez Fernand Leduc, Patrick Bernatchez, Pierre Dorion, Angèle Verret, Karilee Fuglem ou Pascal Grandmaison. Au total, 17 artistes sont représentés dans l’exposition par des œuvres qui ont pour effet d’ébranler nos certitudes quant à qui nous sommes et à ce que nous recevons du monde.

 

« Nous tendons à oublier cette vérité, la seule pourtant sur laquelle nous pouvons nous appuyer : sauf de la vie qui bat en nous et de notre mort inéluctable, nous n’avons aucune certitude existentielle. Ni en ce qui concerne notre identité, que nous accrochons férocement aux quelques syllabes qui constituent notre nom, à un bricolage d’idées empruntées à d’autres, et à un morceau de chair qui ne cesse de se transformer. Non plus lorsqu’il s’agit de nos théories au sujet du fonctionnement du monde, qui sont pareillement relatives et toutes appelées à être un jour ou l’autre remises en question. Nous édifions ainsi nos vies sur des fondations précaires – chimères – et sur de miroitantes illusion – shimmer »