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Une génération d’artistes s’est réveillée un matin, réalisant que l’Afrique avait échoué en suivant le chemin d’un développement ambigu. Que l’Afrique avait lamentablement échoué parce qu’elle avait suivi le modèle occidental. En effet, elle enrichissait le modèle occidental au détriment de son propre modèle : religions, spiritualité, sciences, institutions… Beaucoup d’artistes actuels et quelques intellectuels, considérés comme des électrons libres, ont pensé à un moment donné qu’il fallait couper le cordon ombilical avec l’Occident et reconstruire les fondations afin de redonner à l’Afrique sa véritable identité.
Ce dossier retrace quelques jalons historiques qui ont balisé les chemins de l’art actuel africain depuis le début des indépendances jusqu’à nos jours, avec des exemples marquants pris dans certains pays tels que le Cameroun, la République démocratique du Congo et la Tunisie. Même si les rédacteurs et rédactrices se penchent principalement sur l’art performance, leurs textes abordent aussi d’autres pratiques en arts visuels et en art action car, faut-il le préciser, la performance en Afrique n’est pas née ex nihilo. Ce dossier révèle les influences, il décèle les tendances mais, surtout, il montre comment toute une génération d’artistes en est venue à se distinguer avec un art marqué par les mobiles de la revendication identitaire et de la contestation sociopolitique. Oui, le mouvement de transgression des règles de l’art a eu lieu partout dans le monde, mais l’Afrique s’est beaucoup plus illustrée par sa propension à composer avec ses paradigmes africains tout en restant plus ou moins inscrite dans la globalité.