Tsēmā Igharas
Commissaire : Natasha Chaykowski
Black Gold : exposition en ligne
08.06.2022

Artistes
Tsēmā Igharas
Commissaire : Natasha Chaykowski

Lancement incluant une présentation d’artiste et la projection de In Oil We Trust, la documentation d’une nouvelle performance de Ts​​ēmā présentée par Ociciwan.

Alors que plus de 12 000 kilomètres carrés de terre – forêts, étendues verdoyantes, vie – brûlaient sur les territoires non cédés que l’on nomme aujourd’hui la Colombie-Britannique, le vent provenant de l’océan Pacifique et se déplaçant vers l’est poussait la fumée qui s’en dégageait à travers les Rocheuses, enveloppant l’Alberta dans l’obscurité. Pendant que la fumée s’élevait en direction de l’est, des millions de barils de pétrole brut étaient pompés vers l’ouest : c’est ce que l’on appelle les mouvements de l’or noir.

Projet de l’artiste Tahtlan Ts​​ēmā Igharas, Black Gold (or noir) aborde les pratiques minières et les industries extractives indéniablement prospères, mais combien désastreuses dans les états coloniaux de la Colombie-Britannique et de l’Alberta. Il se penche précisément sur les contextes des sables bitumineux d’Athabasca et des pipelines qui vont de l’Alberta à la côte ouest. Le projet part de l’idée que les substances minières sont connectées de façon inhérente à nos corps grâce à une origine géologique commune. L’énergie d’une molécule est l’énergie d’une personne qui est l’énergie d’un lieu qui elle est l’énergie d’un moment.

À l’été 2018, Ts​​ēmā a étudié ces tensions grâce à une recherche in situ et à une résidence soutenue par The Bows (anciennement Untitled Art Society) ce qui lui a permis d’examiner comment ces questions se manifestent dans les territoires du Traité nº7 et du Traité nº8  en comparaison à la façon dont les industries minières existent culturellement, historiquement, politiquement et économiquement dans les territoires non cédés de la première nation Tahtlan dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique d’où l’artiste est originaire. Black Gold a été présenté à The Bows en 2019 et à grunt gallery en 2021.

Présentée dans le cadre de la programmation du Centre CLARK, cette troisième et ultime itération de Black Gold consiste en une exposition interactive en ligne proposant de nouvelles œuvres ainsi que des œuvres en cours. Conçu par Sébastien Aubin, le site web a été développé par Jordan (Joni) Schinkel, et créé avec l’aide des assistantes de recherche Haley McLean et Britany Quinn. Ce projet a également été soutenu par la grunt gallery et par le BC Arts Council.

Bios

Artiste interdisciplinaire, Ts​​ēmā Igharas est membre de la Première Nation Tahtlan. Elle utilise une méthodologie potlatch afin de créer des œuvres en sculpture, installation, photographie, couture et performance. Sa pratique est inspirée par le système de lignes-formes de la côte du Nord-Ouest, par ses études en culture visuelle et par le temps passé dans les montagnes. Son approche unique propose une façon de remettre en question le système de valeur colonial et de valoriser les relations au territoire grâce aux pratiques du care et à des stratégies de résistance. Ts​​ēmā est détentrice d’un baccalauréat de la Emily Car University of Art and Design et d’une maitrise interdisciplinaire en art, média et design de l’OCADu. Elle est membre fondatrice de la première ONG Tahtlan, Tu’dese’cho Wholistic Indigenous Leadership Development for the betterment of youth et siège sur le conseil d’administration de la YVR Art Foundation. Ts​​ēmā a fondé et coordonne Potlatch School, qui consiste notamment en un programme de résidence d’artiste et en des cérémonies saisonnières se tenant sur son territoire d’origine. En 2018, elle a remporté un Emily Award remis a un·e ancien·ne étudiant·e de l’ECUAD s’étant particulièrement distingué·e et en 2020, elle a été l’une des finalistes du Prix Sobey pour les arts. Le travail de Ts​​ēmā a été exposé à travers le Canada et les États-Unis ainsi qu’au Mexique, en Suède et au Chili.

Natasha Chaykowski est une autrice et commissaire basée à Lethbridge en Alberta, sur le territoire du Traité nº7.