Guillaume Adjutor Provost et Al.
BONNE FORTUNE
03.03–09.04.2016
Salle 1
03.03–09.04.2016
Salle 1
Artiste
Guillaume Adjutor Provost et Al.
Au cœur de la pratique de Guillaume Adjutor Provost on trouve un désir de réfléchir au contexte de présentation des œuvres au sein d’un espace d’exposition. Lorsque l’artiste présente une installation, il considère que celle-ci est non pas une fin en soi mais un lieu permettant d’agir et de réfléchir au-delà des œuvres qui y sont présentées. Dans ce contexte, l’artiste intervient aussi de manière commissariale en mettant en relation un corpus d’œuvres dans un espace de recherche ouvert à la collaboration, qu’elle soit artistique, théorique ou critique.
Un des points d’accès à l’installation Bonne fortune est l’utilisation d’une signalétique en vinyle autocollant qui énumère les pièces présentées, les interventions qui auront lieu dans l’installation de même que les collaborateurs qui prendront part au dialogue entre les œuvres. Cet élément à la fois formel et textuel souligne l’engagement de l’artiste à concevoir l’exposition à travers un partage de l’agentivité artistique. La mise en espace de l’installation débute dès l’entrée de la salle, où l’on aperçoit des rangées de chemises de travail suspendues. Les vêtements sont ornés, à l’intérieur du col, de réimpressions numériques de cartes QSL que s’échangeaient les camionneurs du Québec entre les années 1970 et 1990. L’artiste, qui espérait y trouver une vision engagée et politisée des conditions de travail, a plutôt découvert une iconographie naïve et humoristique impliquant presque exclusivement des considérations de nature sexuelle. Dans la salle, trois œuvres de grand format sont disposées comme des arrière-plans qui ponctuent l’espace. Celles-ci ont été réalisées par addition et soustraction de teinture, suivant l’esthétique psychédélique propre au tie-dye. Sur chaque surface se discerne le logo de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), mais il est déformé par la technique utilisée par Provost, laissant une part importante au hasard. Dans Bonne fortune, l’installation sera évolutive du point de vue conceptuel, car elle sera activée à différents moments durant l’exposition, notamment lors d’une performance de Sarah Chouinard-Poirier.
Alors qu’est-ce que la « bonne fortune » dans cette exposition ? C’est peut-être le plaisir de se laisser prendre au jeu de l’installation et de devenir un acteur à l’œuvre. Dans le milieu des arts, on peut penser à l’imprévisible, à un changement de direction dans une carrière, à une prise de décision. La bonne fortune, c’est le désir passif d’améliorer son sort. Ça ne s’achète pas, ça arrive, ça surprend. Un peu comme la mise en espace d’une exposition, objet insaisissable qui est appelé à changer entre son idéation et sa disposition dans l’espace. Pour l’artiste, l’exposition devient ainsi un lieu privilégié pour prendre soin autant de l’œuvre, des artistes, que du public.