Patrick Coutu
CONSTRUCTION DANS L’ESPACE
16.11–23.12.2000
16.11–23.12.2000
Artiste
Patrick Coutu
Tatlin – en constructiviste – nous a sorti il y a quelques décennies sa tour infernale. Coutu, en constructeur-contracteur, prépare un site de décollage à l’appui d’une foultitude de pylônes, d’un plafond grillagé (all-ceiling-over), d’une soucoupe bancale en forme de camembert, de branchements électriques et lumineux, de dessins à dessein, d’une cabane-serre avec néons, d’une mise en circuits d’un jeu de blocs fabriqué pour adultes consentants (les visiteurs).
Une expérience qui demeurera malgré tout statique : le concepteur a déserté les lieux ; son repère de manigances pseudo-technologiques demeure tel quel. Mais il y a de la vie : une génératrice électrique tarabiscotée produit un bruit de fond. Par contre, l’énergie sécrétée demeure secrète dans sa fonctionnalité réseautale. Le circuit énergétique joue comme métaphore de positif à négatif et inversement, de plein et de vide, d’entrées et de sorties, de découpes en collages.
Le patentage de bois récupéré aux lignes de force plutôt que des masses de formes pleines indique un parcours vis-à-vis de ce chantier de construction intrigant. Bienvenu pour une balade dans cette forêt mentale! Seule une sorte de combinaison-formule mathématique signe et surplombe cet ensemble : « AX4 » = ?
Cette station spatiale a tous les atours d’un pigeonnier (visez la colombe!) ou d’une garçonnière débordante et bien inconfortable. Après l’heureuse découverte de l’installation « La Moderne » à la Galerie du Centre des arts Saidye Bronfman en 1999, l’année 2000 annonce par cette nouvelle tentative fictionnelle un nouveau départ atopique. Un an après l’intervention à la Galerie Clark et la présence physique de l’artiste-opérateur Paul Lacerte en combinaison de travail dans la Salle 2, Patrick Coutu, à son tour, intègre la galerie en conquérant de l’ère/aire spatiale. Il voit la vie en rouge, en vert et en blueprints.
E.G. et M.B.