Julie Chaffort
Jour blanc
16.10–22.11.2014
Salle 2

Jour Blanc

Jour Blanc

Artiste
Julie Chaffort

CLARK accueille la première exposition personnelle de l’artiste et cinéaste bordelaise Julie Chaffort. Jour blanc est le résultat d’une résidence réalisée en partenariat avec l’organisme Zebra3/Buysellf de Bordeaux. Cette période de recherche a permis à l’artiste de réfléchir à la mise en espace de ses œuvres dans le contexte d’une galerie alors qu’elle présente généralement ses films lors de festivals. Au cœur de sa démarche, il y a un intérêt soutenu pour l’enfance et les souvenirs qui reviennent par bribes, qui perdent de leur exactitude ou qui disparaissent avec l’âge. Pour l’artiste, un « jour blanc » – une référence au poème du même titre d’Arseni Tarkovski – est ce qui permet de repartir à zéro, d’effacer tout pour revenir à la page blanche.

C’est par le paysage que tout prend forme. C’est dans un décor naturel que l’artiste met en scène ses tableaux surréalistes. Le court-métrage de fiction Pas un bruit, réalisé en 2014, est une œuvre qui oscille entre réalité et onirisme. Présenté sur un moniteur, ce film permettra au visiteur de découvrir le travail antérieur de l’artiste, qui, dans ce cas-ci, est empreint de nostalgie. Au cœur de l’installation, il y a aussi les images tournées par Chaffort lors de sa résidence et qui peuvent être considérées comme des tableaux qui se répondent. Une des projections montre la disparition du paysage derrière une fumée noire et dense. Les effets de la lumière sur celui-ci le transforment, et le mouvement de la fumée agit comme une sorte de respiration. Un autre tableau montre une table-tournante déposée dans différents paysages. L’appareil diffuse des hurlements de loups, ce qui rend la scène incongrue mais tout de même amusante puisque l’artiste semble vouloir faire écouter la musique au paysage. Enfin, l’artiste met en scène le vent dans toute sa puissance, et les acteurs, dont le corps est mis à l’épreuve, doivent lutter contre cette force invisible.

Le visiteur sera fortement sollicité sur les plans non seulement visuel, mais aussi auditif grâce à une installation sonore. L’artiste fait intervenir un drone dont le bruit répétitif et aléatoire produit un effet physique chez le visiteur. Chaffort s’amuse à éprouver notre endurance, à l’image des acteurs qu’elle dirige et qui doivent se produire devant la caméra. Ici, le visiteur devient un acteur dans l’installation. Chaffort construit des scénarios qui se transforment au moment du tournage, selon la posture adoptée par ses acteurs ou par les hasards qui surgissent. L’artiste pose la question : comment peut-on faire durer un plan? Elle joue donc sur l’attente que quelque chose se passe dans des œuvres qui invitent à la contemplation, à la rêverie.