Roberto Santaguida
Jules
08.09–16.10.2021
08.09–16.10.2021
Crédit photo : Kelly Markovich, Aegean Sea.
C’était il y a trois ans, un vendredi. Nos rencontres tombaient toujours le vendredi ou le mercredi. Je me souviens du coucher du soleil aveuglant à l’extérieur de la salle de réunion auquel personne ne portait attention. Du dernier trou de beigne, dans sa boîte, que personne ne voulait. De la cafetière commerciale, vide mais toujours allumée. De l’écran de chargement corrompu d’une console de jeu vidéo dont le nom rime avec fourmi, qui tourne en boucle infinie dans la salle de jeu. Oui, c’était certainement un vendredi.
C’était la deuxième fois que je venais ici. La première fois nous n’avions pas parlé. Jules et moi. Nous avions tous les deux fixé nos mains en silence. Nous avions traîné dans la pièce et donné des coups de pied dans des roches invisibles avec un regard contemplatif. J’ai supposé qu’il ne voulait pas être ici. J’ai supposé qu’il avait supposé que je ne le voulais pas non plus. Cinq autres séances étaient prévues.
Ce jour-là, j’ai posé douze questions à Jules. Ce fut sa réponse à la Question 7.