Sylvain Bouthillette
BLASTRONAUTE
14.10–20.11.2004
Salle 2

Avec un amalgame de photographies, de vidéos, de peintures, de bandes sonores et de pièces tridimentionnelles en mouvement, l’exposition de Sylvain Bouthillette abordera le burlesque et l’autodérision comme formes de libération.

Il est fort rare dans le contexte des arts visuels actuels qu’un artiste emprunte les mots «spiritualité» et «sacré» pour traiter de son travail. Ce ne sont pas des concepts qui sont fréquemment mis de l’avant en cette ère de vitesse et de productivité. Pourtant, ce sont les mots précis auxquels se réfère l’artiste montréalais Sylvain Bouthillette pour expliquer sa démarche. En même temps, il nomme son exposition Blastronaute, un titre qui suggère une toute autre image. Cette antinomie ne tient pas du hasard. Dans son travail, Bouthillette exprime une volonté de renverser la tendance de beaucoup d’artistes actuels à démontrer les aspects aliénants de l’existence et de la vie en société. Sa quête a plutôt pour objet de renverser le raisonnement – fort répandu – selon lequel l’individu n’est que victime des affres de la vie, de ses désirs, de ses envies comme de ses besoins, toujours plus grands et plus nombreux.

Sous des traits comiques aux accents carnavalesques, voire burlesques, le travail de cet artiste multidisciplinaire – dessin, gravure, peinture, sculpture, photographie et art sonore – soulève un questionnement fondamental : est-il possible d’éliminer le rapport conflictuel entre vie intérieure et vie extérieure afin que ces espaces d’existence deviennent complices d’une libération consciente de la puissance lumineuse qui est en soi ?

Adepte des principes issus du bouddhisme – un art qu’il pratique depuis plusieurs années –, Bouthillette cultive cet esprit de concordance de nos états intérieurs et extérieurs, par une attention soutenue, et une insoumission aux pressions de la vie contemporaine, à ses accélérations et à ses excès, comme la consommation et le divertissement outranciers. L’art devient, pour ce dernier, une métaphore de la lutte dérisoire que nous menons contre le réel.

NdeB.