Photo : Matthew Cronin

Photo : Matthew Cronin

Photo : Shanie Tomassini

Photo : Shanie Tomassini

Salle 2

Shanie Tomassini

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EXPOSITION /
8 SEPTEMBRE AU 16 OCTOBRE 2021

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OUVERTURE DE L'EXPOSITION
SUR RÉSERVATION /
JEUDI 9 SEPTEMBRE, 18H À 22H
- 20 PERSONNES MAX / HEURE 
(LIEN POUR RÉSERVER CI-DESSOUS)

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PRÉSENTATIONS D'ARTISTES
EN LIGNE /
JEUDI 30 SEPTEMBRE, 17H
(ARCHIVE CI-DESSOUS) 

Le confinement a été une période productive pour Shanie Tomassini. Avec sa récente pratique sculpturale, elle s’est penchée sur la nature transitoire des choses. Cela l’a mené à tester divers matériaux, dont la céramique et l’encens, qui doivent tous les deux être cuits pour atteindre leur état définitif. Le corpus d’œuvres qu’elle a développé pour son exposition individuelle au Centre CLARK est le résultat de plusieurs mois d’expérimentation et de travail en atelier. Au premier regard, on remarque la diversité des œuvres produites pour cette exposition : des récipients de céramique occupent une grande partie du sol et servent de socles à une série de sculptures d’encens. Une structure de métal ponctue l’espace alors qu’une sculpture murale circulaire représentant un drain de plancher prolonge à elle seule la surface d’exposition de façon verticale. Le doux murmure d’une sculpture-fontaine installée au sol nous donne presque l’impression d’un jardin zen. Malgré la variété des matériaux et les diverses formes rassemblées dans cette exposition, les sculptures réunies expriment une condition éphémère commune. Elles agissent tels des portails entre des espaces interdépendants : l’intérieur à l’extérieur, le physique au virtuel, l’interne à l’externe, et entre des états interconnectés : le souple au rigide, le visible au dissimulé, le liquide au solide, etc.

Présentées sur d’élégants récipients de céramique de couleur terracotta, les sculptures les plus énigmatiques de Shanie Tomassini prennent la forme des téléphones cellulaires personnellement utilisés par l’artiste au fil des années. Ces objets reproduits en encens – avec du romarin et de la rose, du cèdre et du chêne blanc ou simplement du charbon – étaient jadis des objets précieux relayant la magie des télécommunications contemporaines. Les téléphones cellulaires sont des objets intimes, nous les transportons dans nos mains ou les blottissons contre nos corps dans nos poches. Nous les posons délicatement sur nos visages, les caressons doucement du bout des doigts et en retour, ils nous connectent à distance aux êtres chers. Ils sont la porte d’entrée vers le royaume du virtuel, objets d’affection, tout en constituant simultanément une menace à notre sécurité et notre liberté. En retraçant chaque modèle de téléphone qu’elle a utilisé, Shanie Tomassini souligne les avancées matérielles et technologiques de la dernière décennie et demie, tout en notant la transformation subconsciente de l’éthos collectif.

Alors que nos vies quotidiennes s’éparpillent de plus en plus dans de nombreux espaces, physiques et virtuels, l’engagement de Tomassini envers les matériaux organiques est aussi un retour au savoir-faire qui requiert pratique, dévouement et rigueur. Nous pouvons ainsi comprendre pourquoi sur plusieurs des pièces exposées, les mains et les empreintes de l’artiste sont visibles. Alors que les œuvres proposent une introspection sur les changements incessants qui se produisent de manière persistante autour de nous, Tomassini célèbre les rituels banals du quotidien – aussi insignifiants qu’ils puissent paraître. Ces gestes répétés permettent un sentiment de normalité alors que le monde vit une période de transformation.   

- Anaïs Castro (traduction par Catherine Barnabé)



BIO
Shanie Tomassini
(1991) est une artiste visuelle basée à Montréal. Elle a complété une maîtrise en sculpture à la University of Texas at Austin en 2019 où elle a reçu plusieurs prix tels que le UMLAUF prize et la Cofa summer fellowship. Dans ses œuvres, elle réfléchit à la nature d’un matériau ainsi qu’à son évolution dans l’espace et le temps. Ses recherches se cristallisent autour d’une forme qui devient un motif d’émancipation poétique. Elle a présenté son travail lors de plusieurs expositions individuelles, notamment au UMLAUF Sculpture Garden and Museum (Austin), à Circa art actuel (Montréal), à la Courtyard Gallery (Austin) et à la Maison des arts de Laval. Elle a aussi exposé à Sweet Pass Sculpture Park (Dallas), à la Foire en art actuel de Québec, au Visual Art Center (Austin) et à TAP Art Space (Montréal). Elle est actuellement récipiendaire d’une bourse de recherche et création du Conseil des arts du Canada.

L’artiste aimerait remercier pour leur soutien et leur contribution le Centre CLARK (galerie + atelier), le Conseil des arts du Canada, Jean-Philippe Montpetit, Anaïs Castro et Philippe Caron Lefebvre.