David Martineau Lachance, Ode aux cœurs endormis, 2018

David Martineau Lachance, Ode aux cœurs endormis, 2018

David Martineau Lachance, Ode aux cœurs endormis, 2018

David Martineau Lachance, Ode aux cœurs endormis, 2018

Salle 2

David Martineau Lachance

Ode aux cœurs endormis

EXPOSITION /
10 SEPTEMBRE AU 10 OCTOBRE 2020

+

VERNISSAGE SUR RÉSERVATION /
JEUDI 10 SEPTEMBRE, 18h à 22h
(20 personnes max / heure)

Nous vous accueillerons en nombre restreint pour célébrer l’ouverture de l’exposition en compagnie des artistes. Le masque sera obligatoire tout au long de l’événement. 
(LIEN DE RÉSERVATION CI-DESSOUS)

+

PRÉSENTATIONS D'ARTISTES
SUR RÉSERVATION /
SAMEDI 12 SEPTEMBRE, 16h à 18h
(maximum de 15 personnes)

Nous vous proposons d’assister à la présentation d’artiste en personne.
Le masque sera obligatoire tout au long de l’événement.
La galerie sera fermée aux visiteurs à ce moment.
(LIEN DE RÉSERVATION CI-DESSOUS)

Enfant de la banlieue et noctambule, David Martineau Lachance s’intéresse aux récits parallèles, à l’étrange, à l’occulte et à la mascarade. L’artiste polyvalent conçoit et produit tous les éléments de ses projets sauf exception, du costume à la performance, en passant par la caméra, le montage et la musique. La vidéo présentée chez CLARK, Ode aux cœurs endormis (2018), est un appel à la lumière réalisé dans un moment particulièrement sombre. De l’ordre du vidéoclip, c’est l’image qui accompagne ici la musique. Un poème visuel en trois versets flotte dans la galerie.

Vers rouges, de terre
et autres lombrics
observent
le clair de lune safre :

des figures de femmes déboulent dans la nuit de dimanche;

aucune bière en vue.

La vidéo est empreinte de l’œuvre de Ralph Eugene Meatyard (1925-1972), opticien et photographe autodidacte américain. Reconnu pour ses figures fantomatiques et personnages masqués, ses contre-jours et décors de fermes abandonnées, l’artiste faisait partie d’une communauté artistique loin des grands centres, à Lexington, Kentucky. Un portrait de Meatyard capté par le poète, éditeur et photographe Jonathan Williams (1929-2008) le présente portant un polo bourgogne, allongé dans un jardin de tulipes blanches. Re-performée par Martineau Lachance, cette image donne le ton à la vidéo, qui baigne familièrement dans des palettes de vert inquiétant et de rose étrangeté.

Je me souviens du Cestreau
nocturne par Dr Thornton, graveur, mécène
de Blake, il
est accroché dans le couloir hors de la chambre
chancelant avec appétit comme ces
géantes déesses blanches de la sombre grotte…

Gemini #1 et Belladonna (toutes deux de 2018) sont les notes en bas de page de l’installation. La première photographie évoque la mythologie de naissance et de filiation, les notions de double et de gémellité, tandis que la deuxième fait référence à une plante toxique appartenant à la famille des pommes de terre. La belladone est surnommée en anglais deadly nightshade : littéralement, ombre mortelle de la nuit. Associée à la sorcellerie, elle est utilisée à la Renaissance pour dilater les pupilles de ces dames et ses baies sont considérées comme la cause de la mort subterfuge de Juliette Capulet. Les deux impressions ont été réalisées dans l’esprit du photogramme, diluant la physicalité des objets dans la lumière.

il y a des voitures de tourisme
et des hommes avec de gros fusils
qui chantent dans les bois
derrière nous.1

La valse électroacoustique d’Ode aux cœurs endormis est à la fois berceuse et appel à l’éveil. Cette incantation s’adresse aux somnolents et aux aliénés extraterrestres. David Martineau Lachance compose librement, détourne sans vouloir dire; un cadavre exquis de banal, d’insolite, de céleste, de sensible. Le printemps du faire.

- Charlotte Lalou Rousseau

 

1. Jonathan Williams, "The Midnite Show" in Jubilant Thicket: New & Selected Poems, Copper Canyon Press, 2005.
https://www.poetryfoundation.org/poems/54574/the-midnite-show
Traduction libre du poème par l’auteure : Le spectacle de minuit


BIO
David Martineau Lachance est né à Québec et travaille à Montréal. Il complète un baccalauréat en études cinématographiques et en cinéma d’animation à Concordia en 2012 et une maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’UQAM en 2015. Son travail a été exposé dans une variété d’institutions publiques et privées depuis 2012 (l’Œil de Poisson, SKOL, l’Écart, Galerie FOFA) et projeté dans le cadre de plusieurs festivals internationaux depuis 2006 (Berlin ZEBRA, Fantasia, Ottawa International Animation Festival). En parallèle, il participe à diverses résidences (MACBSP, Centre Sagamie, la Bande Vidéo), compose de la musique, anime des émissions de radio (En direct de Mercure, au 94,3 FM) et fabrique des costumes pour le théâtre (MITF, New York).

REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier chaleureusement toute l’équipe du Centre et de l’Atelier CLARK, de même que Roger Lachance, Véronique Martineau, Noémie Weinstein, Simon Chouinard et Charlotte Lalou Rousseau. Cette vidéo a été réalisée grâce au soutien de la mesure d’aide Première Ovation de la ville de Québec et du gouvernement du Québec. J’ai une pensée spéciale pour Ralph Eugene Meatyard qui est, je l’espère, toujours parmi les tulipes blanches.