Francine Desmeules
OEUVRES SUR PAPIER PHOTOSENSIBLE
13.02–09.03.1997
13.02–09.03.1997
Artiste
Francine Desmeules
Cette exposition s’articule à partir d’images qui témoignent de conditions extrêmes en rapport aux normes de la photographie: des photogrammes, des surexpositions, des images floues et par contraste d’autres plus nettes mais grises. Ce que je cherche à rendre ici, c’est ce point précaire où l’image est sur le point de disparaître on d’apparaître-permettre une oscillation permanente entre ces deux pôles.
Ce sont des paysages, des détails, des espaces ouverts ou clos, et à partir de cette nature-là, je veux traiter de la nature humaine, en montrant que le regard que l’on y porte en voulant la saisir n’est déjà plus neutre, la transforme, la fait parler.
Avec les surexpositions, je cherche à rendre l’image en train d’être révélée ou à peine révélée, qui restera proche de la page blanche, de l’absence ou de l’omniprésence d’une lumière qui brûle, qui empêche de voir. Avec les images floues (ce qui n’est pas exactement clair mais tend à le devenir), faire sentir à mesure que les contours de l’image s’estompent, davantage la matière ténue du grain du film, au profit de laquelle l’image tend à s’éclipser, tout en permettant avec un recul sur elle d’en identifier le sujet. Ces images seront mises en parallèle avec d’autres où ce sera l’inverse: des images grises que l’on pourra percevoir en s’approchant.
Avec ces images ensembles, je veux instaurer une tension dans le processus d’identification du familier, créer une brèche dans le connu, un instant de déroute, là où commence et finit l’idée de paysage, de matières, d’une référence, la où finit et commence l’image, à son tour.
Texte: Francine Desmeules