Natalie Font
PANORAMA
21.11–15.12.1996

Photo : Guy L'Heureux

Photo : Guy L'Heureux

Artiste
Natalie Font

Avec Panorama (…) on a droit à des casse-têtes offrant différentes images du pays. Certaines représentant des paysages variés, lesquels montrent des scènes typiques du Canada qui vont des Maritimes aux Rocheuses. (…) Le tout forme une mosaïque d’images aux couleurs variées, rassemblées sous forme de (courtepointe). Sur un autre mur, (Constellation) réunit les portraits des collaborateurs-trices qui ont contribué à l’œuvre en rassemblant plusieurs casse-têtes.

(…) Il ne s’agit pas d’un panorama tentant de faire la promotion du pays (…) il est inévitablement question d’autre chose. C’est qu’une ironie subtile s’y profile. Malgré cette “vue d’ensemble” annoncée, c’est pourtant une image restreinte du pays qui y est donnée. De plus, à cause du médium utilisé on n’a forcément droit qu’à des clichés comme le sont souvent les cartes postales.

(…) En choisissant le casse-tête comme motif d’une proposition artistique, N. Font ne choisit pas n’importe quel hobby, puisque celui-ci a pour activité de reconstituer des images déjà-la. Ce choix fait donc appel à l’idée de mimer, par le hobby, l’activité artistique. Pourtant dans cette reconstruction d’images, on joue surtout à passer le temps. À occuper du temps. Celui que Marcuse appelle le temps de loisir. En somme, c’est un divertissement. Or, au sein de cette même société, l’artiste occupe son temps autrement. De telle sorte que son temps ne se divise pas aussi facilement en temps de travail et en temps de loisir. Il investit son temps libre. Autrement dit, il travaille, tout en jouant, à donner son temps. Ainsi, les casse-têtes accrochés au mur de la galerie ne sont plus uniquement et principalement des jeux dont la fonction serait d’occuper du temps. Il serait plus juste de dire: “ils étaient des jeux”.

André-L. Paré

(Panorama, ETC, Montréal, no. 29, 15 février-15 mai 1995)