Gervais Deschênes
PEINTURE
19.05–12.06.1994
19.05–12.06.1994
Artiste
Gervais Deschênes
Dans un souci d’épurement, les tableaux de Gervais Deschênes tentent de pousser leurs éléments picturaux à la limite de l’abstraction par la juxtaposition de plans-surfaces peints à l’acrylique ou laminés de bois (et en d’autres occasions de stratifié). Ces plans sont traités à la manière de cadrages parce que travaillés de façon indépendante. Ces « prises de vue » possèdent une caractéristique que l’on pourrait qualifier librement de « photographique » en ce qu’elles visent à saisir quelque chose qui ne peut l’être que par une découpe arbitraire et qui les précède (le grain de bois ou du stratifié). Certaines parties réfèrent autant à la tradition de la scène d’intérieur qu’à celle du paysage. Le choix et le traitement des matériaux renvoie au meuble; à ses techniques, sa fabrication modulaire, méticuleuse, à son origine (le bois, la forêt). Le travail pictural des surfaces suggère une figuration paysagiste poétique à la fois suspendue et floue (brouillard, champs de neige, avalanche) et un mimétisme matériologique évoquant parfois puissamment certaines surfaces telles l’acier rouillé. Quoique indéniablement présentes, ces simulations n’y sont pas exploitées prioritairement en leur qualité de signe mais en tant que prolongement du traitement pictural (méta-représentation). Il n’est pas inutile de mentionner que l’emploi de stratifié (dont le fini est constitué de la photographie du grain d’une essence de bois) induit une lecture similaire.