karen elaine spencer
Sittin’ with cabot square
18.05–23.06.2017

Karen Spencer

Karen Spencer

l’assise était assise. sur un banc dans le parc nommé square cabot. sur une durée de quatre mois pendant l’été 2012, et de trois mois pendant celui de 2013.

assise avec le parc, soucieuse de ne pas compromettre les personnes y vivant leurs vies en public. l’assise prenait plutôt des notes sur les conditions météorologiques, la température, la date, et choisissait une manchette dans un journal local pour la transcrire à l’encre sur papier. fixant le temps. l’assise écrivait aussi une phrase par jour inspirée par le parc. localiser l’humain-ité.

en accéléré : 2014. le parc est “réaménagé” ou, comme le prétend une manchette, s’offre un lifting. pour la fine somme de 6.3 millions.

du gazon? pas question, on arrache ça. des haies? bin non. le monde peuvent cacher de quoi là-dedans. des tables de pique-nique?  haha … tu veux rigoler ? faut que ça parte. oh pis évidemment qu’y faut changer les bancs. ça nous prend des barreaux pour empêcher le monde de dormir dessus. le sentier qui traverse le parc? on le refait en béton avec des bordures de chaque côté pour faire circuler les passants en bon ordre. oh pis faut pas oublier les structures pour empêcher les skateboarders de venir endommager les lieux. des poubelles? on ferait mieux de s’en passer, ça fait juste attirer les ramasseux de canettes.

la colère de l’assise devant ce vol d’espace éhonté commis envers celles et ceux qui avaient occupé le parc la mena à des paroles. en utilisant comme partition l’ensemble d’une-phrase-par-jour rédigée dans le parc, l’assise énonça les mots, la partition devenant source de riffs, de refrains. improvisés.

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