Exposition de groupe
Valeurs (huit artistes montréalais à la 11e biennale d’arts visuels de pancevo)
29.05–15.07.2004
29.05–15.07.2004
Artiste
Exposition de groupe
JEAN-PIERRE AUBÉ, MATHIEU BEAUSÉJOUR, GWENAËL BÉLANGER, PATRICK BERNATCHEZ, SYLVIE COTTON, MICHEL DE BROUIN, GENNARO DE PASQUALE, CÉSAR SAËZ, BERNARD SCHÜTZE
Commissaire: NATHALIE DE BLOIS
Huit artistes montréalais sont invités à participer à la 11e Biennale d’arts visuels de Pancevo (Serbie-Monténégro), qui se teint du 29 mai au 15 juillet 2004. CLARK est heureux de s’associer en tant que partenaire à cet événement qui accueille plus d’une soixantaine d’artistes de plus de 15 pays.
Les artistes montréalais : Jean-Pierre Aubé, Mathieu Beauséjour, Gwenaël Bélanger, Patrick Bernatchez, Sylvie Cotton, Michel De Broin, Gennaro De Pasquale et César Saëz. Le théoricien et critique d’art, Bernard Schütze fait également parti de la délégation montréalaise à cet événement. Commissaire du volet montréalais : Nathalie de Blois.
Le titre Valeurs propose avant tout de se pencher sur la notion de la valeur intrinsèque des choses, leur aspect sensible et, parfois, non mesurable, qui est selon une définition «une des catégories fondamentales de l’être». Il me semble important de s’interroger sur cette question au plan philosophique, au plan de l’économie locale et mondiale, et aussi, au plan de l’évaluation de l’art contemporain et de ses capacités à nous éclairer sur nos valeurs universelles.
Dans les dix dernières années, l’Ex-Yougoslavie, et la Serbie en particulier, ont connu une crise sans précédent, à savoir une guerre marquée par une purification ethnique, une dictature politique, une escalade du nationalisme et de l’extrémisme religieux, de nombreux assassinats politiques, un exode de la population, une corruption, une inflation galopante, un embargo international, des bombardements par l’OTAN, et un statu-quo quant au nom et aux frontières actuelles du pays. Ce chaos général a affecté tous les segments de la société, y compris le milieu culturel et artistique, provoquant ainsi une dégradation de toutes les valeurs morales, intellectuelles et économiques.
Dans ces conditions, la scène artistique en Serbie est restée longtemps isolée, désorganisée et divisée entre les conservateurs, proches des cercles nationalistes, et ceux qui souhaitaient une ouverture.
Dans cette optique, il nous paraît important de s’interroger sur la notion de valeurs dans la Serbie actuelle. Évidemment, cette question se pose au-delà des frontières du pays car elle est beaucoup plus complexe et plus délicate que toute conception de la «nation» ou du «nationalisme» et dépasse la problématique d’une crise régionale. Elle concerne aussi bien les êtres que les choses, les qualités matérielles aussi bien que les idéaux.
Les problèmes du monde contemporain tels que le terrorisme, la pollution, la misère, la surpopulation, ou la suraccumulation des objets de consommation justifient à eux seuls une interrogation sur nos valeurs fondamentales et universelles.
Extrait du texte d’introduction de Igor Antic, commissaire général de l’édition 2004 de la Biennale