Mario Duchesneau
OBJECTICUS DOMESTICUM
14.02–03.03.1996

Il serait facile de penser qu’après un séjour à Saint-Jean-Port-Joli, où règne une tradition connue, on est conditionné par un certain choix des matériaux. Mais rappelons-nous la dernière exposition de Duchesneau dans cette même galerie en 1992: une immense sculpture en bois constituée de «cabanes à oiseaux» et assemblées sous forme d’habitat à l’échelle humaine. Cette sculpture annonçait une «reconstruction» à la fois dans le parcours de l’artiste et dans l’oeuvre elle-même. Dans cette poursuite, une transition s’est opéré, ou du moins un trait d’union s’est formé aujourd’hui avec la présentation d’Objecticus domesticum. Sous ce vocable d’inspiration plutôt savante (y a t-il un clin d’oeil?), on nous propose six sculptures de dimensions . importantes où l’on retrouve l’influence des lieux comme dans ses premières installations, ainsi que la présence d’action dans l’assemblage de ces objets quotidiens. Nous ne sommes pas dans un travail ni dans une fabrication de la matière car elle existe déjà toute constituée sous la forme d’un objet, le meuble, et ce qui entoure son quotidien. On trouvera donc à travers ces propositions, un plaisir à saisir des détails attractifs mettant à l’honneur la qualité des objets laissés à l’état brut et dont les interventions de l’artiste, sans en altérer l’aspect, nous font voir des formes nouvelles. Objecticus domesticum constitue une synthèse intéressante des acquis de la sculpture contemporaine mais surtout, beaucoup d’avenir en perspective pour cette dernière.