Luce Pelletier
Queue leu leu
13.01–08.02.1994

Artiste
Luce Pelletier

Un échafaudage de ferraille destiné
au rêve de la poésie florissante.
Un château de cartes … La végétation indifférente envahit les objets abandonnées
de l’homme; elle les ronge … Usure du temps.
Avec une force sournoise et discrète,
elle donne une forme aux lieux sans vie. Elle les habite. Comme une parade, des voitures ainsi réanimées dessinent une voie.
Elles rappellent ces roches dans la forêt qui sont habilement recouvertes de mousse sur le
versant nord des surfaces … cette direction implicite. Jouant dans les carrés de sable à construire des routes,
l’enfant s’amuse à simuler le réel.
Il imite les sons, les formes,
imprégné des sens que les objets évoquent. Souvenirs des jeux dans le sable,
des voitures gravissant les montagnes de notre imaginaire … La poésie du miniature permet de dominer sans scrupule
ce qui nous échappe encore.
Un murmure.
Une histoire s’anime, prête à toutes les fantaisies du rêve …

« L’image ne veut pas se laisser mesurer. Elle a beau parler espace, elle change de grandeur. La moindre valeur l’étend, l’élève, la multiplie. Et le rêveur devient l’être de son image. Il absorbe tout l’espace de son image. Ou bien il se confine dans la miniature de ses images. »

-Gaston Bachelard