Quisqueya Henríquez
Jorge Pineda
Fernando Varela
Curador curado
29.04–05.06.2004
Salle 1

Curador Curado

Curador Curado

Artistes
Quisqueya Henríquez
Jorge Pineda
Fernando Varela

QUISQUEYA HENRIQUEZ, JORGE PINEDA, FERNANDO VALERA

Commissaire: BETTY JANSEN

Commissaire indépendante d’origine dominicaine récemment installée à Montréal, Betty Jansen nous propose Curador Curado, une exposition regroupant le travail de trois artistes influents de l’art actuel dominicain.

Le projet Curador Curado est une initiative de trois artistes dominicains, Quisqueya Henríquez, Jorge Pineda et Fernando Varela, qui proposent une réflexion sur le rôle du commissaire en République dominicaine, et plus particulièrement la problématique que présente l’absence quasi totale du commissaire dans le contexte culturel dominicain. En s’appuyant sur leurs points de vue d’artistes, ils ont joué tour à tour le rôle de commissaire (Curador) pour les autres en tenant compte de la démarche de chacun au cours des dernières années.

La présentation de Curador Curado à Montréal intègre un nouveau membre, la commissaire Betty Jansen, qui s’insère dans ce dialogue avec les artistes tout en respectant l’idée originale du projet, qui rend compte des restrictions du travail de commissaire et de ses choix faits à partir de l’étranger.

La démarche de Quisqueya Henríquez, qui combine la photographie, le vidéo et l’installation, est centrée sur les problématiques sociales et environnementales qui affectent la République dominicaine. Une de ses pièces démontre le côté ludique de son Ïuvre, en nous présentant hors de leur contexte certains objets utilisés dans des sports très connus. Cette pièce, intitulée En jouant avec l’adversité, représente bien ce combat quotidien que mènent plusieurs habitants de ce pays. De plus, cette déconstruction du réel par Henríquez illustre bien le processus que décrivait Ernst Cassirer entre l’imaginaire de l’artiste qui se retrouve dans un objet réel et la perception de celui-ci par le spectateur.

Jorge Pineda nous propose, lui, un regard sur la situation actuelle des enfants en République dominicaine. Un sujet qui le préoccupe et qu’il développe depuis quelques années. Pineda se sert de divers moyens pour exposer les souffrances et les abus dont sont victimes les enfants qui habitent les rues des villes de ce pays. Pineda, dans une des ces Ïuvres, une poupée recouverte de tatouages reprenant des expressions péjoratives à fortes connotations sexuelles, tente de démontrer la coexistence chez ces enfants d’une innocence propre à leur âge et de la condition d’adulte que leur attribuent les pédophiles.

Les toiles de Fernando Varela ainsi que ses installations nous révèlent quant à elles l’intérêt de l’artiste à établir un parallèle entre la chair et l’esprit. L’artiste nous fait voir que nous ne sommes que des manifestations temporaires du monde terrestre, comme l’avance Bôn Yin Râ. Dans Histoire de passion, une photographie de ses mains, il joue avec le réel et avec l’imaginaire au moyen d’une représentation froide de l’anatomie humaine, opposant la souffrance, le travail, le temps à une anatomie dépourvue d’essence spirituelle. Les Ïuvres de Varela sont des instruments que l’artiste offre aux spectateurs pour qu’ils puissent réfléchir sur eux-mêmes et se découvrir.

Betty Jansen