Daniel Corbeil
ESPACES NORDIQUES
11.01–04.02.1996
11.01–04.02.1996
Artiste
Daniel Corbeil
Simuler les signes d’une réalité qui n’en est pas une; construire des avions qui ont l’incapacité de voler; réaliser des kayacs ne pouvant jamais naviguer; leurs faire parcourir une distance impossible à parcourir; explorer un territoire inventé; déambuler sur des sites industriels ou urbains inaccessibles; faire des photographies aériennes qui n’en sont pas; tels sont les multiples prémisses d’un jeu du simulacre où le faux prend les apparences du vrai dans mon travail de création.
Le simulacre, dans mon travail, a comme but de créer du réel ou d’en suggérer l’existence. Cet outil est employé pour sa faculté qu’il a d’abolir la frontière entre le réel et l’imaginaire. Il devient un moyen d’initier le travail de création et d’alimenter le faire. J’entends ainsi travestir la réalité par un jeu du faire simulant des modes de construction empruntés à l’univers industriel ou technologique (moyen de transport et moyen de communication). Mon intérêt est de me réapproprier les signes d’une réalité pour mieux la démystifier (avion, kayac, moyens de transport et photographies aériennes). Comprendre les symboles et les signes du réel, c’est les utiliser comme outils de recherche en création. Mystifier le public sur l’origine et la fonction réelles des objets qui lui sont présentés, c’est tenter de le séduire afin de le forecer à s’interroger sur le pourquoi et le comment d’une telle subversion. Confondre le regardant devient alors une façon de lui permettre de faire appel à ses propres souvenirs et expériences afin de l’amener à reconquérir son imaginaire. Voilà autant de propositions liées à une pratique artistique concernant le simulacre et à ces nombreux enjeux théoriques et pratiques.