Mathieu Lacroix, Dans une optique de fulguration relative, 2021.

Mathieu Lacroix, Dans une optique de fulguration relative, 2021.

Michaëlle Sergile

Michaëlle Sergile

Salle 1 et 2

Moridja Kitenge Banza (commissaire)

+ Anna Binta Diallo /

Mathieu Lacroix /

Frantz Patrick Henry /

Michaëlle Sergile

Habiter le monde : Esquisse d’une rencontre

EXPOSITION /
20 MAI - 19 JUIN 2021

+

OUVERTURE DE L'EXPOSITION
SUR RÉSERVATION /
JEUDI 20 MAI, 18H À 21H
- 20 PERSONNES MAX / HEURE 
(LIEN POUR RÉSERVER CI-DESSOUS)

+

PRÉSENTATION DE COMMISSAIRE
ET D'ARTISTES EN LIGNE /
MERCREDI 26 MAI, 17H
(LIEN ZOOM CI-DESSOUS) 

Habiter le Monde : esquisse d’une rencontre pose une réflexion sur l’acte d’habiter un lieu, un espace, un corps, une géographie. Y demeurer en « choisissant » les modalités qui nous permettent de faire un avec le territoire sur lequel nous avons choisi – ou pas – de résider. Esquisse d’une rencontre est l’amorce du projet Montréal-Dakar qui devait prendre la forme de multiples volets1 et qui fut altéré par l’année qui vient de s’écouler.

Pour nous, personnes de couleur faisant partie de ce projet, le territoire dans lequel nous cohabitions est Montréal. C’est d’ici que je, tu, il, elle, vous, nous pensons le monde. C’est d’ici qu’au jour le jour notre histoire nos histoires s’enracinent dans un espace aussi complexe que celles de toutes la commaunauté les communautés noires qui y résident.

En référence à l’essai de politique relationnelle de Felwine Sarr2, nous invitant à renouveler les imaginaires de la relation que nous établissons avec nos semblables et le vivant, ma proposition commissariale – que je considère comme un essai en art visuel – soulève des réflexions sur les enjeux de pouvoir existant dans un territoire. Plus spécifiquement, elle s’interroge sur les effets à long terme de ces enjeux, et sur la manière dont ils nous modèlent.  

Puisant dans leurs réalités nord-américaines distinctes, chacun.e.s des artistes inclu.e.s dans cette exposition présente une œuvre ou une série qui met de l’avant la singularité de leurs expériences personnelles.

Au moyen de son travail d’installation et de vidéo, Mathieu Lacroix nous propose une dissection du lien complexe et (parfois) tordu qui existe entre l’individu et son environnement, ses habitudes de vies et son identité.

Frantz Patrick Henry, par l’intermédiaire de son œuvre sculpturale, suggère une réflexion sur la reconstruction de soi, mais également sur la capacité d’agir par opposition à ce qu’impose la mémoire d’un territoire.

Quant à elle, Michaëlle Sergile remet en question les récits historiques officiels de son pays d’origine, Haïti, juxtaposés aux récits familiaux qui lui ont été transmis par ses parents. Par l’entremise d’une installation intégrant le textile et la vidéo, elle nous aide à comprendre l’importance de l’archive et son influence sur nos façons d’habiter un espace.

Cette réflexion sur la trace rejoint celle des impressions présentées par Anna Binta Diallo, qui explore les thèmes de la mémoire et de la nostalgie pour créer des œuvres inattendues sur l’identité.

À travers ces parcours distincts, ces voix expriment la pluralité, ainsi que la complexité de l’expérience noire, et deviennent une esquisse pour une réflexion plus large.

- Moridja Kitenge Banza

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1. Ce projet, ayant reçu un soutien total du Conseil des arts de Montréal, avait pour but de mettre en relation des artistes noir.e.s de Montréal avec plusieurs artistes africain.e.s et afrodescendant.e.s lors de l’édition 2020 de la Biennale de Dakar, au Sénégal.

Ce voyage à Dakar devait permettre aux artistes choisi.e.s de découvrir un espace d’échange et de rencontre autre que Montréal, où les multiples propositions en arts visuels sont des réflexions riches sur la manière dont chacun habite le monde en tant qu’être humain.

2. Habiter le monde Essai de politique relationnelle, 2017. Éditions Mémoires d’encrier*


* À l'occasion de l'exposition Habiter le monde : esquisse d'une rencontre, la Librairie CLARK est fière de présenter quelques titres de la maison d'édition Mémoire d'encrier, qui ont été sélectionné par Moridja Kitenge Banza, notamment le livre de Felwine Sarr qui a inspiré le titre de l'exposition. Disponibles à la Librairie CLARK jusqu'au 19 juin. 



BIOS

COMMISSAIRE
Moridja Kitenge Banza
est un artiste canadien d’origine congolaise, né à Kinshasa en 1980 en République démocratique du Congo. Il est diplômé de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, de l’école supérieure des beaux-arts de Nantes Métropole ainsi que de la faculté des Sciences humaines et sociales de l’Université de La Rochelle. En 2010, il a été lauréat du 1er prix de la Biennale de l’art africain contemporain, DAK’ART, pour la vidéo Hymne à nous et pour son installation De 1848 à nos jours. Il a reçu un Prix Sobey en 2020. Son travail a été présenté au Musée dauphinois (Grenoble, France), au Museum of Contemporary Art (Rosklide, Danemark), à la Arndt Gallery et la Ngbk (Berlin, Allemagne), à la Biennale internationale de Casablanca (Casablanca, Maroc), à la Fondation Attijariwafa bank (Casablanca, Maroc), à la Fondation Blachère (Apt, France) ainsi qu’à la BAnQ, à la galerie Joyce Yahouda, à Oboro et au Musée des beaux-arts de Montréal (Montréal, Canada). En 2020, des œuvres de l’artiste ont été incluses dans des expositions de groupe à la Fondation PHI ainsi qu’au Musée d’art contemporain de Montréal.

ARTISTES
Anna Binta Diallo
est une artiste visuelle multidisciplinaire canadienne qui explore les thèmes de la mémoire et de la nostalgie pour créer des œuvres inattendues sur l’identité. Elle est née à Dakar (Sénégal, 1983) et a grandi à Saint-Boniface (Winnipeg) sur le territoire traditionnel des peuples Anishinaabeg, Cree, Oji-Cree, Dakota et Dénés et de la nation métisse. Elle a obtenu un baccalauréat de l’Université du Manitoba et une maîtrise (MFA in Creative Practice) de la Transart Institute, à Berlin (2013). Ses œuvres ont été exposées à l’échelle nationale et internationale, y compris dans le cadre d’expositions à Winnipeg, à Montréal, à Toronto, à Vancouver, à Taipei, en Finlande centrale et à Berlin. Anna Binta Diallo a reçu de nombreuses bourses et distinctions, notamment du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts et des lettres du Québec et de Francofonds. En 2019, l’œuvre de Diallo a été sélectionné comme finaliste pour le Prix national Salt Spring National Art Prize et a reçu en 2021 le Prix Barbara Spohr Award offert par le Banff Centre et Walter Philips Gallery. Elle vit et travaille à Montréal, ou à Tio’tia:ke, sur le territoire traditionnel des Kanien’kehá:ka.

Mathieu Lacroix vit et travaille à Montréal. Il détient un baccalauréat en arts visuels de l’Université du Québec à Montréal, où il a pris une part active dans la diffusion artistique des travaux des étudiants. Depuis 2003, Lacroix a participé à une multitude d’expositions collectives en centres d’artistes et d’événements culturels dans divers lieux au Québec. Son travail a récemment été présenté à la Galerie McBride contemporain et à Toronto dans le cadre de l’événement international d’art action, 7a*11d. Mathieu Lacroix est aussi membre actif des collectifs Jean-Couteau et Pique-Nique.

Frantz Patrick Henry est un artiste d'origine haïtienne vivant à Montréal depuis 2011. Il est diplômé de l’Université du Québec à Montréal depuis 2019. Il a reçu la Bourse d’excellence en sculpture de la Fondation Mc Abbie de l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM pour son installation Je suis nouveau ici (2020). Il est diplômé de l'Université du Québec à Montréal depuis 2019. Artiste pluridisciplinaire ayant vécu plusieurs transitions et changements de situations, il s'intéresse à la thématique du « devenir » à travers les médiums de la sculpture, la peinture, l'installation, la photo et l'animation.

Michaëlle Sergile est une artiste et commissaire indépendante travaillant principalement à partir de textes et d’ouvrages issus de la période postcoloniale de 1950 à aujourd’hui. Son travail artistique a pour vocation de comprendre et de réécrire l’histoire des communautés noires, et plus précisément celle des femmes, par l’entremise du tissage. Ce médium étant souvent perçu comme artisanal et catégorisé comme féminin, Sergile utilise le lexique du tissage pour remettre en question les rapports de domination de genre et d’ethnie.


Le commissaire aimerait remercier le Conseil des arts de Montréal qui appuie l’initiative de ce projet depuis le début, la magnifique équipe du centre d’artistes CLARK avec qui il réalise cette exposition, ainsi que ses proches qui le soutiennent sans limites.