Image tirée des archives de British Petroleum, U.K.

Image tirée des archives de British Petroleum, U.K.

Image tirée des archives de British Petroleum, U.K.

Image tirée des archives de British Petroleum, U.K.

Piscine à Abadan, Iran, 1940s, image tirée des archives du British Petroleum, U.K.

Piscine à Abadan, Iran, 1940s, image tirée des archives du British Petroleum, U.K.

Salle 2

Sanaz Sohrabi

Hiding in Plain Sight: Archives of Oil

EXPOSITION /
28 octobre - 27 novembre 2021

+

VERNISSAGE SUR RÉSERVATION /
JEUDI, 28 octobre, 18h - 22h
- 40 PERSONNES MAX / HEURE 
(LIEN POUR RÉSERVER CI-DESSOUS)

+

PRÉSENTATION D'ARTISTE
EN PERSONNE /
SAMEDI 30 OCTOBRE, 15H

CONVERSATION AVEC CAMERON HU
EN LIGNE / 
MERCREDI 17 NOVEMBRE, MIDI À 13H
(LIEN POUR + INFO CI-DESSOUS)

Dans cette exposition, l’artiste iranienne Sanaz Sohrabi nous présente une série de photographies personnelles, des collages, des images d’archive et des images éphémères. Réunies, ces œuvres abordent les façons dont la lutte pour les ressources naturelles (pétrole, gaz, eau) sera toujours interconnectée à l’histoire et à l’héritage du colonialisme. Ironiquement, pour la plupart des pays producteurs de pétrole souhaitant se libérer de l’oppression de leur colonisateur, la seule façon d’y arriver passait par le pétrole. Cette libération signifiait qu’au Moyen-Orient, les entreprises pétrolières locales prenaient racine en nationalisant cette énergie à un moment de changements radicaux et de déplacement des frontières.

Les British Petroleum (BP) Archives contiennent des documents de sources primaires et secondaires de l’histoire plus que centenaire de l’entreprise, née sous le nom de la Anglo-Persian Oil Company (APOC) et renommée qu’en 1954. Quand Sohrabi a visité les archives, elle a découvert que les albums photo de l’entreprise – qui contiennent de la documentation officielle et non officielle de divers sites de BP – ont été réorganisés à plusieurs reprises, comme si à un moment quelqu’un avait souhaité en réécrire l’histoire. Ce que Sohrabi a extrait des archives de BP agit comme un contre-récit au ton de célébration de BP et d’APOC. Oui, il y avait des piscines, mais au détriment des rivières. Oui, il y avait des cinémas, mais cela venait avec le système de castes qui vous laissait connaitre votre place dans la hiérarchie coloniale. Évidemment, il y avait du pétrole, la cause tout comme la solution à ces problèmes, la raison d’être des intérêts étrangers au Moyen-Orient. Avec ce travail, Sohrabi refuse de laisser le récit colonial avoir le dessus. Le sien en est un de libération plutôt que d’apprivoisement.

Nous savons que la nationalisation du pétrole (ou de toutes autres ressources commercialisables) n’équivaut pas à une décolonisation ou à une libération face aux colonisateurs. La dépendance envers ces ressources est plutôt une construction coloniale. Au moment où la décolonisation se déroulait dans les années 1950 à 1970, nous avons assisté à un glissement de l’impérialisme direct vers le capitalisme néocolonial. Les colonisateurs ont simplement changé de rôles en échangeant les ressources. L’extraction, le contrôle, la distribution et la dissémination des ressources naturelles sont si clairement liés à la conception de la nation. Ce qui est en jeu ici, c’est l’idée même que l’extraction des ressources est nécessaire au succès d’un peuple et de son territoire. L’exposition de Sohrabi est construite de couches narratives – personnelles, nationales et coloniales –chacune d’elles perturbant et provoquant toutes autorités possibles sur ces récits.

- Amber Berson (traduction par Catherine Barnabé)


BIO
Originaire de Téhéran, Sanaz Sohrabi a obtenu sa maîtrise en beaux-arts à la School of Art Institute de Chicago ainsi qu’un baccalauréat en beaux-arts à l’Université de Téhéran. Elle poursuit actuellement un doctorat pratique au Center for Interdisciplinary Studies in Society and Culture à l’Université Concordia. Le travail de Sohrabi a été projeté et exposé au niveau international, notamment au 50e Festival international du film de Rotterdam, à IndieLisboa (Portugal) - prix du meilleur court métrage, à FicValdivia (Chili) - mention spéciale du jury, au Festival international du film documentaire de Montréal, à Sheffield Doc/Fest (Royaume-Uni) et à VIDEONALE 16 du Kunstmuseum Bonn (Allemagne).  L’artiste s’est vue offrir de nombreuses bourses et résidences de la part d’institutions telles que l’École de peinture et de sculpture Skowhegan, l’Université américaine de Beyrouth, la SOMA Summer School de Mexico, le centre de résidences d’artistes Est-Nord-Est et le Vermont Studio Center.

La recherche et la production de cette exposition ont été soutenues par :
Bourse de doctorat du Fonds de Recherche du Québec Société et Culture (FRQSC), Forum Transregionale Studien (Berlin, Allemagne), Skowhegan School of Painting and Sculpture (Maine, États-Unis), programme d'artistes invités de l'Illinois State University (États-Unis). Le Global Emergent Media Lab, School of Graduate Studies, Fine Arts Academic and Research Facilities, et Post-Image cluster à l'Institut de recherche Milieux de l'Université Concordia. 

L'artiste désire remercier ses ami.e.s et ses proches dont le retour critique, la conversation continue et le soutien ont été déterminants pour cette exposition et le projet de recherche depuis 2017 : Patrick Lewis, Mico Mazza, Thomas Kneubühler, Velibor Bozovic, Ala Younis, PENG Zuqiang, Amber Berson, Chih-Chien Wang, Nima Esmailpour, George Khalil, Dr. Kaveh Ehsani, Dr. Krista Genevieve Lynes, Dr. Alice Jim, Chitra Ganesh, Dr. Svati Shah, Sondra Perry, Fadi Abu’Nemeh, Giuseppe Fidotta, Sima Kokotovic, ainsi que Joanne, Beth et Ian aux Archives BP. Sanaz tient également à exprimer son amour et sa gratitude envers l’équipe incroyable de CLARK pour avoir rendu ce projet possible.